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The Bitter Truth ; Kyoya

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Message Lun 1 Mai - 21:20
Kyoya Kusakabe
The Bitter Truth

" J'ai dans le cœur un monstre , dans la tête une voix qui me dévore. Je préfère mourir que vivre à genoux. Je suis un écorché vif , un insoumis . J'invente les règles de mon propre jeu , j'en dirige les parties. Et ils sont mes pions. Mes pions... Qu'ils me haïssent , pourvu qu'ils me craignent. Mon nom sonnera comme une supplique . Mon nom sera murmuré avec effroi des décennies après mon trépas. Je suis plus qu'eux , tellement plus. Plus qu'une ombre sans visage , plus que l'esquisse d'une destinée à jamais incomplète et oubliée. Je suis un exilé. Je marche sur leurs cendres , je brûle leurs cadavres et extermine leurs pensées. Ils sont les chiens dont je suis le maître. Je creuse leurs tombes , je danse sur leurs cadavres , je respire leur perte , je les consume . Je suis leur Diable et leur Dieu." - Extrait du journal de Kyoya Kusakabe , 27ème entrée ,  2 juin 2016.

Avant d'être un apprenti meurtrier , Kyoya n'était que mon cher fils , un enfant sans problèmes comme un autre. Comment a-il pu en arriver là ? C'est ce que nous allons découvrir en retraçant son passé , au travers d'un carnet au pages jaunies.
Kyoya et son ami d'enfance Rin , photographie datée de 2009 , quelques mois avant le drame.
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The Bitter Truth ; Kyoya

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Message Dim 7 Mai - 12:43
Kyoya Kusakabe
The Bitter Truth

" ...
Non, ce journal ne commencera pas par un habituel et pathétique cher journal. Si certaines personnes ne sont pas assez saines d'esprit pour se rendre compte qu'un journal ne sera jamais rien d'autre que des feuilles empilées les unes sur les autres et reliées entre elles, tant pis pour elles, ce n'est pas mon cas... Non, je n'écrirais pas cher journal, parce qu'au final, je ne m'adresse qu'à moi seul, et que je ne connais aucune personne, qui mériterait seulement que je m'adresse à elle en commençant par ce stupide adjectif. Après tout, à quoi bon écrire et s'adresser à quelque chose de totalement inanimé, autant s'adresser à un arbre... Et encore, un arbre, c'est vivant. Non, je n'écris certainement pas pour confier mes pensées à qui que ce soit d'autre qu'à moi-même, et certainement pas à un journal au demeurant hideux acheté dans une tout aussi hideuse boutique.

Un journal, c'est fait pour confier à quelque chose ce qu'on ne peut ou veut confier à personne, dans ce cas, si ce journal ne me sert pas à me confier, il serait tout aussi possible que je le jette dans la poubelle la plus proche. Ils iraient d'ailleurs de paire, tous les deux, ne serait-ce que par leurs aspects pitoyables. Pourtant j'écris, j'écris peut-être parce que j'ai la présence d'esprit de ne pas parler à moi-même .  Je ne pense pas que j'irais relire les pages que j'aurais écrit auparavant, se tourner sans arrêt vers l'arrière, ça n'a pas grand intérêt .

Un journal, ça sert à raconter ses souvenirs. Mais qu'en aurais-je à faire, de me rappeler ce que j'ai bien pu faire dans la journée, ce qu'on a bien pu me dire, ce que j'ai bien pu manger... Même si j'avais envie de me rappeler la journée que j'ai vécu, ça ne rimerait à rien.. Ici, il ne se passe jamais rien. Ça ne fait que cinq ans que je vis chez mon oncle, c'est vrai, mais ces cinq ans paraissent bien plus longs que les neuf qui les ont précédés . Au moins, durant les neufs années précédentes, les jours se suivaient sans se ressembler. Je hais cet appartement où le temps m'apparaît d'une longueur abominable.

Mon oncle.. Il n'y a plus que lui pour vouloir s’intéresser à ... mon cas, comme il dirait. Il a continué de me faire défiler devant moi ces espèces de... d'ignorants qui se font appeler docteurs qui croient comprendre et n'arrivent à rien. D'ailleurs, comment pourraient-ils seulement comprendre quoi que ce soit. Alors comme ça la mort de mes parents m'aurait plongé dans un profond désespoir ? Bien essayé , mais non.  C'est d'ailleurs  l'un d'entre eux qui a conseillé à mon oncle de me faire tenir un journal. J'ignore en quoi gribouiller sur un carnet pourrait me guérir d'une maladie que je n'ai, mais ça m'est égal... Il m'a traîné de force dans les rues de Tokyo à la recherche du premier (et moins cher) carnet, finalement, on a trouvé ce semblant de journal à la couverture noire.

Je ne sais pas pourquoi je me suis plié à une idée qui n'a pas été de mon initiative, peut-être parce que ce qu'ils voulaient que je fasse de ce journal était plus idiot que ce que je suis en train d'en faire. Dans un sens, ça se rapproche, dans un autre, ça n'a aucun rapport, je n'écris pas pour... comment disent-ils encore? -Évacuer une souffrance intérieure . Il semble seulement qu'un journal aussi inintéressant que passif peut apparemment se montrer plus réceptif que tout le monde, ils ne comprennent rien à rien . Peut-être pensent-ils que passer mes nerfs sur du papier me permettra d'adopter auprès des gens un comportement des plus sociables... Stupides...

Inquiétant... J'ai déjà noirci trois pages de ce journal en racontant toutes sortes de choses somme toute inintéressantes. Je ne sais toujours pas si ce que je fais sert à quelque chose. Je déteste ne pas savoir si ce que je fais a un sens ou non. Finalement, je crois qu'un journal, ça fixe les pensées qui vous viennent instantanément, autrement dit, ça ne sert à rien, à moins que l'on ne se retrouve cloîtré dans une chambre avec une chaise en bois et une vieille armoire pour compagnie. Non pas vraiment que j'ai besoin de compagnie, au contraire, la compagnie a plutôt tendance à être ce genre de boulets que certains s'attachent volontairement à la cheville. Seulement, je pourrais observer tout simplement le plafond en me complaisant à ne rien faire... Ou je peux écrire... J'ai écrit, voilà tout...

Je ne dirais pas l'habituel au revoir que l'on est sensé écrire lorsqu'on cesse de déverser de l'encre sur un journal intime... Ai-je besoin de préciser pourquoi?

" Extrait du journal de Kyoya Kusakabe , 1ère entrée ,  14 avril 2014.

Oh , Kyoya . Tu avais 14 ans lorsque tu as rageusement écrit ses mots . Si jeune et pourtant déjà si plein de rancœur et de ressentiment envers tout le monde. Tu portais un œil si négatif sur le monde qui t'entoure et déjà tu essayais de te construire une identité. Au travers des pages tu jouais avec les mots , tu te faisais passer pour plus sombre encore que tu n'étais. Au travers des pages tu te décrivais tel que tu aurais aimé être , mais au fond tu n'étais qu'un gamin perdu , je le sais. Parfois je me demande comment cela se serait passé si ton père et moi avions survécu à cet incident. Serais tu devenu ce que tu es aujourd'hui ?

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Message Sam 13 Mai - 23:01
Kyoya Kusakabe
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« Kyoya, je t’observe chaque jour, et chaque jour je te reconnais un peu moins.  Parfois je prends peur en te voyant. Toi, mon propre fils, tu saignes mon cœur d'une terreur sans nom. J'ai peur quand je te t’ensanglanter, quand je te vois agir comme le meurtrier que tu n'es pas. Quand es-tu devenu ceci ?   Oh, plus rien ne danse dans ton regard glacé. C'est comme un vide, c'est à la fois intriguant et repoussant. Parce que dans ton regard, se lit une absence. Il y a quelque chose de froid, dans tes yeux. Quelque chose de fatigué, de bousillé. Je ne pourrais pas dire quoi. Je le sais, c'est tout. Cela ne s'explique pas, ce genre de chose. Ça se remarque, ça se ressent, à la manière dont tu observes les choses, les gens. Un regard d'abimé. C'est un regard qui ne laisse pas indifférent, un regard qui fascine, un regard brisé. Un regard plein de haine, d'amertume. De colère et de déception. Un regard de regret, de remord, un regard retransmettant toutes les choses que tu aurais aimé dire ou faire, vivre ou oublier. Un regard de désespéré. Tu as beau la jouer bravache mon fils, le temps n'efface pas la douleur, et les fêlures laissent toutes des cicatrices. Parce qu'il y a des blessures qui ne guérissent pas, qui ne guérissent jamais. Elles ont marqué ta peau, et ta plaie se referme un peu. Pas entièrement. Elles s'effaceront au fil du temps, mais demeureront ancrées dans ta mémoire pour le reste de ton existence. Elles sont là, elles sont toujours là. Ces blessures qui nous paralysent, qui nous affaiblissent, qui nous affecteront à vie. N'essaie pas d'ignorer ces blessures et de mettre en cage tes émotions.



Ton problème ? Tu ne sais pas qui tu es, mais tu sais que tu ne t'aimes pas. Ton problème ? Tu ne veux pas être malheureux, mais tu ne fais rien pour être heureux non plus. Ton problème ? C'est que tu as enfermé ta plus grande douleur dans une boîte, fermée à clef, et tu as caché cette boîte. Tu as peur de l'ouvrir, tu es tétanisé à l'idée de laisser sortir ce qu'il y a dedans.  Il faut que tu ouvres cette boîte. Ça va faire mal, et tu vas beaucoup pleurer. Mais ça ira mieux, ensuite, tu verras. Tu pourras enfin te reconstruire convenablement. Tu ne seras plus jamais le même, mais, Kyoya, en réalité tu auras simplement trouvé qui tu es.



Je me rappelle encore l'époque où la malice dansait dans tes yeux et où un grand sourire illuminait ton visage. Tu me rendais si heureuse alors.  Tu as tellement changé, et pourtant, au fond , tu es encore le même. Tu es toujours aussi déterminé et sûr de toi, tu es toujours aussi inconscient et toujours aussi irritable, je dois le reconnaître. Mais tu n’es encore qu’un enfant, la chair de ma chair.  J'ai l'impression qu'hier encore, tu te chamaillais avec Rin. Je me demande ce qu'il est devenu, d'ailleurs. Un garçon adorable, ton seul ami à l'époque. Inséparable , vous deux . Bien que je me demande encore comment vous avez pu finir ensemble. Le destin sans doute . Il était si différent de toi , si poli , si réservé , si attentionné , si fragile... Il t'admirait , il voulait te ressembler ,  Kyoya , je le voyais. Tu étais une sorte de grand frère à ses yeux , tu bravais les interdits et tu étais si vigoureux et bagarreur. Ne transforme pas cette détermination en haine , transforme la en force tranquille. Je t'en supplie...»


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Message Dim 18 Juin - 21:25
Kyoya Kusakabe
The Bitter Truth

Il y avait les rires qui se perdaient contre les murs du collège. Il y avait le bois froid qui grinçait sous leurs pas gourds. Il y avait leurs murmures étouffés quand ils passaient près de moi. Et moi je les contemplais, spectateur de leur bêtise. Je les haïssais. Tous. Je les détestais à tel point que ça brûlait la cage thoracique. Ils avaient dans les yeux une innocence indolente, leurs mots s'échappaient de leurs lèvres sans être pensés au préalable. Tous leurs actes étaient parsemés de leur stupidité. Je savais que j'étais plus qu'eux. Tellement plus. A quatorze ans, Kaori Kururugi s'était approchée de moi. Ses boucles brunes balayant son visage angélique et ses yeux si clairs qu'ils m'en filaient la nausée. Elle avait dit d'une voix chevrotante :

- Kyoya-kun, tu veux aller au karaoké avec nous ?

Pauvre folle. Sombre idiote. J'ai voulu arracher ses yeux avec mes ongles. Qui était-elle pour oser me parler ? Mon regard l'a faite fuir, presque immédiatement. J'avais ce rire un peu dément. J'avais de la noirceur dans les yeux. Je leur faisais peur. Peur. La sensation glissait sur moi comme un frisson glacé délicieux. Ils chuchotaient sur mon passage, baissaient les yeux à mon encontre. Et je jubilais, peu soucieux de leurs paroles insipides, de leurs chuchotements inutiles.

Keisuke Hayao étaient de ces gamins qui prennent les cours d'école pour une arène. Il aimait dicter ses lois, se faire respecter. Dire quand on jouait à la marelle et choisir la plus jolie fille de l'école pour marcher à ses côtés. Dans ces moments-là, mes dents se serraient. Je le méprisais.

J'avais ces dons, j'étais fait pour marcher au-dessus. J'avais un destin, hors du commun. Dans ma tête ça chantait, douce mélodie suave au creux de mon oreille. « Kyoya, tu es tellement plus. Tellement plus qu'eux. Tellement plus que tout le monde. »

Et puis il y a eu la grotte. Mme Akame avait organisé une excursion à la mer. J'avais ricané. Keisuke et Kaori étaient amoureux. Amoureux ! Cette notion utopiste et ridicule qui pourrit les âmes.


Assis en tailleur autour de moi sur la plage, ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient là. Imbéciles. Je leur avais raconté la mort. Non. Je leur avais montré la mort. J'avais détruit chaque parcelle de positif dans leur esprit, j'avais fait naître cette idée. Cette idée que le monde était mauvais et qu'on ne pouvait rien y changer. Ils avaient quatorze ans, du caramel encore plein les dents. Je crois qu'elle est devenue prostituée.

Et lui… A quinze ans, il s'est tiré une balle dans la tête. On l'a retrouvé dans son appartement, la cocaïne qu'il dissimulait formant un tapis blanc, léger comme de la neige, sur son carrelage orangé. J'étais plus qu'eux. Tellement plus… Ils ne l'avaient pas vu. Tant pis pour eux.

Il y a eu ce lycée. Encore des rires dans les couloirs, encore des escaliers qui bougeaient. Encore des camarades. Je n'avais même pas été surpris. C'était comme si depuis toujours, j'attendais que mon destin vienne m'emmener loin de ces murs trop étroits, loin de ces rires fades et de ces regards ridicules.

Un jour, j'ai regardé dans le miroir et je n'ai rien vu. Sous mon poing serré, il a volé en éclat. Et des milliers de moi se sont reflétés sur le parquet vernis. C'est là que j'ai su. J'étais né pour créer un monde à mon image. Pour le diriger. J'étais Dieu.

Extrait du journal de Kyoya Kusakabe , 12ème entrée ,  2 juillet 2015.

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