Douce mélodie [PV M. Eindis O'Brien]

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Message Dim 2 Juil - 22:12

Douce mélodie


La musique adoucit les mœurs




Il fait tellement froid... Alice se sent complètement perdue. Elle se frotte les bras avec ses mains vigoureusement, pour se réchauffer, mais elle a l'impression que ses sensations sont différentes. Elle continue à avancer dans la pénombre, se sentant plus légère que d'habitude. Où devrait-elle aller ? La jeune femme tente de se concentrer sur le présent pour ne pas se laisser envahir par ses pensées, par ses doutes. Est-elle réellement morte ? Est-ce possible ? Si elle avait coulé avec l'avion et les autres passagers, serait-elle ici ? Les morts ne sont pas censés rester sur Terre... Après tout, elle n'y connaît rien. S'il existe un quelconque ordre dans l'univers, ce n'est pas elle qui décide de ce genre de choses. Elle doit être forte, s'adapter ; elle va finir par trouver une solution.

Tout à coup, une pensée illumine son esprit en un éclair, et un sourire apparaît presque sur son visage pâle : si elle n'est plus vivante, serait-il possible qu'elle revoie bientôt ses parents ? Leur mort a été un tel choc pour elle, elle ne s'attendait pas à les retrouver si rapidement...

Au fil de ses pas, ou plutôt de sa progression, le sable de la plage laisse place à une rue, puis d'autres rues, de plus en plus grandes, de plus en plus fréquentées malgré l'heure tardive. C'est l'été, les gens profitent de leurs vacances, de leurs proches, des moments passés ensemble loin du stress et du travail... Leur attitude à l'égard d'Alice ne fait que confirmer ses soupçons. Ou plutôt, leur manque d'attitude. On dirait qu'elle est transparente, qu'ils ne la voient pas ! Au départ, la jeune femme reste de côté, à l'écart de l'agitation ; puis, timidement, elle fait un signe de la main à un passant. Il semble ne rien remarquer, pourtant elle aurait juré qu'il regardait dans sa direction au même instant.

Bon. Je suis peut-être, vraiment morte. Toutes mes affaires ont coulé avec cet avion.

Alice prend une grande inspiration, essaie de se ressaisir. Il est tard, les magasins sont fermés, elle ne pourra rien acheter ce soir. De toute façon elle ne pourra rien acheter, plus jamais, puisqu'elle est morte... Son point de vue sur les choses commence à changer, petit à petit, elle prend la mesure des répercussions. Sa vision du bien et du mal change également : elle va devoir voler, elle n'a pas le choix. Ça tombe bien, il y a foule aux terrasses des restaurants et des bars, elle n'a que l'embarras du choix... La jeune femme laisse ses pas la guider : au bout de quelques minutes elle aperçoit un gilet de laine plutôt épais, à l'air confortable, abandonné sur une chaise. Alors que son regard balaie les alentours, elle se dit que son propriétaire a dû aller aux toilettes, ou régler sa note. Le coin est dégagé, aussi prend-elle rapidement ce gilet, avant de s'éclipser dans une ruelle. Elle ne se sent même pas coupable : elle est morte ce soir, après tout, elle a bien le droit d'un peu de réconfort !

Quel peut être le but de sa présence ici, à présent que sa vie est finie ? L'air troublé, elle se dirige inconsciemment vers de la musique qu'elle entend non-loin de là. La musique... Elle aime tellement ça, les mélodies lui apaisent le cœur. Depuis la mort de ses parents adoptifs, elle n'a plus été capable d'écouter un morceau de musique sans se sentir infiniment triste, mais ce soir tout semble différent. Son destin a basculé, une fois de plus. Il faut dire aussi, que ce qu'elle entend est loin d'être déplaisant. La mélodie est plutôt enjouée, la voix semble jeune. Bientôt, Alice aperçoit la scène, et la jeune femme qui chante : elle a l'air effectivement jeune, peut-être son âge, ou plus jeune encore. Elle a du courage, d'être ici seule et de chanter devant tout ce monde. Il y a foule devant l'artiste, beaucoup de familles. La chanson se termine, le public applaudit, elle imite l'assistance machinalement, se doutant bien que personne ne peut l'entendre. La chanteuse sourit, elle semble contente, et entonne un autre air, un air qu'Alice connaît bien... Elle se rappelle l'avoir entendu à la radio avec sa mère, quelques mois plus tôt. Par quelle magie cet air peut-il se retrouver à des milliers de kilomètres de chez elle, à cet instant précis ?

Alice sent une grande mélancolie l'envahir, et dans le même temps une des enceintes disposées du côté de la scène se met à faire un bruit bizarre, comme un grincement désagréable. La jeune femme choisit de se perdre dans la contemplation et l'écoute de cette jeune interprète, pour retrouver la paix, ne serait-ce que quelques minutes. Est-ce possible ?

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Message Lun 3 Juil - 22:12







Douce mélodie

Tu étais complétement perdue Eindis.

Tu devais te rendre à Okinawa afin de donner un concert dans le cadre de tes études. Sauf qu’avec tes problèmes de mémoire – et au passage de ton sens de l’orientation très développé, tu avais perdu ton chemin, puisque tu avais oublié le nom du conservatoire où tu devais te rendre. Tu soupiras, lassée par ton incompétence. Tu n’étais vraiment pas douée, et cela ne risquait pas de changer.

Tu traînas ainsi une bonne partie de la journée dans le centre-ville, dévalisant quelques boutiques et oubliant, au passage, la raison de ta venue ici. Il faudrait vraiment faire quelque chose pour tes troubles de la mémoire Eindis. Parce que tu en avais oublié des choses, des personnes… Ton cher petit frère, qui luttait contre la maladie. Comme tu étais cruelle.

Puis le soleil se coucha, laissant place à une soirée plutôt frisquette, tu mis donc la capuche de ta veste sur ta tête – avec des petites oreilles de chat, continuant d’avancer dans les rues piétonnes. Pourquoi étais-tu là déjà ? Très bonne raison. L’avais-tu écrit ton carnet ? Tu fouillas dans ton sac, sortant ce dernier. Hm, non, rien sur ta venue au Japon. Etrange, tu avais du vraiment être débordée pour oublier d’écrire quelque chose d’aussi important. Tu soupiras, agacée. Comme tu pouvais maudire ta mémoire parfois.

Et soudainement l’inspiration te vient. Tu es donc obligée de griffonner ta partition sur ton carnet pour ne pas qu’elle s’envole. L’inspiration, c’était important pour une musicienne de ton niveau. La musique te faisait vivre, te permettait de t’exprimer… Jamais, ô grand jamais tu ne pourras lui tourner le dos, l’abandonner. Il n’y a que la mort qui serait capable de te priver de cette passion. Ah ! Mais ça te revenait, au fil des notes que tu griffonnais…

La raison de ta présence ici

Tes études. Tu devais donner un concert dans le cadre de tes études, à vingt heure, au conservatoire de la ville. Tu rassemblas rapidement tes affaires, tout en regardant l’heure :

Vingt et une heures…
Trop tard.
Stupide mémoire.


Tant pis, tu pouvais jouer ici après tout. La rue était bien plus chaleureuse qu’un amphithéâtre. Tu sortis ton violon de l’étui se trouvant sur ton dos, caressant doucement le bois. Ah, comme c’était agréable. Tu ne pourrais vraiment pas vivre sans tes instruments. Tu pris une grande inspiration, avant de poser l’archer sur les cordes… Puis tu commenças à jouer la partition que tu venais de griffonner, y ajouter quelques paroles sur ton état d’esprit actuel. La musique te permettait de t’exprimer. Tes doigts dansaient sur ton instrument. Tu étais si belle quand tu jouais Eindis, un charme inouï se dégageait de toi.

Bientôt, la foule se rassemblas autour de toi, rien ne pouvais te voir plus plaisir. Tu aimais être entendue. Un restaurateur te proposa même de monter sur son estrade, histoire que la rue entière t’entende. Pourquoi pas ? Tu donc rejoignis la scène, sourire aux lèvres, commençant à jouer une musique plutôt populaire ses temps-ci.

Une fois terminé, tu eus le droit à un tonnerre d’applaudissement, tu saluas la foule avant de quitter la scène. Alors que tu rassemblais tes affaires, une jeune femme attisa ta curiosité. Elle ne semblait pas plus vieille que toi. Tu crois qu’elle t’avait écouté. Mais, étrangement, personne ne semblait lui prêter attention, comme si elle n’était qu’un fantôme.

Etrange

Tu te dirigeas vers elle, tout sourire. Un air mélancolique se dégageait d’elle, tu avais envie de l’aider. Tu posas ta main sur sa frêle épaule :

▬  Tu étais là quand j’ai joué non ? Qu’est-ce que tu en as pensé ?

Tu lui souris toujours plongeant tes iris dans les siennes :

▬  Tu as l’air si triste, je peux faire quelque chose pour t’aider ? Tu veux que je te joue une musique e particulier ? Tu veux un chocolat chaud ? Le restaurateur a dit qu’il m’offrait ma consommation.

Tu étais bien trop gentille Eindis, bien trop prévenante.

(c) Euphemia
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Invité
Message Mar 4 Juil - 19:05

Douce mélodie


La musique adoucit les mœurs




La contemplation amène toujours la paix semble-t-il, même lorsque la vie s’en est allée. Se laisser aller au rythme de la mélodie, semble moins difficile à Alice qu’elle n’aurait pu le croire au départ, même en un moment si troublé. La musicienne manie son violon avec dextérité, elle a l’air de tirer un grand plaisir de sa musique, cela se ressent dans la mélodie. On peut faire une activité sans y éprouver aucun intérêt, sans s’investir, mais avec de l’amour et de la passion, on insuffle une partie de son âme à son œuvre… Malgré son jeune âge, la française pense qu’elle est déjà dotée de beaucoup d’expérience dans le maniement de son instrument. Elle n’est pas la seule à le penser d’ailleurs, puisqu’au terme du spectacle, c’est sous des applaudissements sonores que l’artiste salue une dernière fois ses auditeurs.

Ce qui se produit ensuite, la jeune femme n’aurait pas pu l’imaginer, même au terme d’un gros effort.

Pendant une poignée de secondes, un ange passe, alors qu’Alice ne peut qu’ouvrir des yeux ronds d’étonnement. Serait-il possible que cette inconnue puisse la voir ? Comment ? La jeune femme réfléchit à la vitesse de l’éclair. Elle est bel et bien vivante, puisque toute la foule autour d’elle l’a écoutée jouer, puis applaudie…

« Tu… Tu peux me voir ? »

Plus que ça encore, elle la touche, et jamais la française n’aurait pensé qu’un contact physique puisse se faire entre deux êtres si différents : la vie et la mort… Pourtant, elle pourrait jurer sentir sa main chaude sur son épaule, comme une tentative de réconfort à sa détresse. Alice se retourne vivement pour balayer l’assemblée du regard : les badauds ont repris leur chemin, et personne ne semble leur porter attention. Il n’y a pas d’erreur possible, c’est bien à elle que la musicienne s’adresse.

A-t-elle seulement conscience du prodige que cela représente ? Alice croise le regard de l’artiste : on dirait qu’elle fait quelque chose de totalement normal. Quoi qu’il en soit, cette femme est gentille de venir à sa rencontre, et d’engager la conversation. Le concert qu’elle vient d’achever a dû la fatiguer, et au lieu d’aller se reposer tranquillement, elle cherche encore à rendre service à une inconnue ! Qu’elle ait conscience de son « don » ou pas, la toute nouvelle Ame qu’elle est n’est pas certaine d’être la personne la mieux désignée pour lui faire une telle révélation de but en blanc. Et si elle n’est pas au courant… sa question a dû la faire passer pour une déséquilibrée, mais cela n’est pas le plus important de ses soucis à l’heure actuelle.

« Tu dois être fatiguée après ce concert, on peut boire un coup si tu veux. »

Alice n’a pas soif, mais qu’importe. Elle suppose qu’elle ne ressentira plus jamais une telle chose, désormais, cela n’empêche pas de faire semblant. Un bon chocolat chaud pourrait la réchauffer, et lui permettre de faire la connaissance de cette inconnue qui lui montre de la curiosité. Elle sourit timidement à son interlocutrice, et toutes deux vont s’installer à une table du restaurant. Le cadre, simple et sans chichis, contribue à mettre l’Ame un peu plus à l’aise. Elle s’éclaircit la gorge, replaçant une mèche de ses cheveux clairs derrière son oreille. Alice reprend la parole, juste avant qu’un serveur vienne prendre leur commande.

« J’ai beaucoup aimé ce que tu as joué tout à l’heure. C’était mélodieux, et j’avais l’impression que tu te donnais à fond. »

Le serveur approche, tout en noir, décontracté mais élégant. Il interroge la musicienne du regard : aïe, c’est là que les problèmes commencent… Ou continuent, plutôt…

« Hum… Je ne pense pas qu’il sache que je suis là. Je ne suis même pas sûre qu’il m’entende. Ce n’est pas grave… Tu peux prendre quelque chose pour toi, je n’avais pas très soif de toute façon. »

Alice tortille ses mains l’une contre l’autre nerveusement, comme lorsqu’elle était petite et qu’elle avait fait une bêtise. Certaines habitudes ne se perdent jamais, on fait juste semblant d’être un peu plus adulte.

« C’est très gentil de ta part d’être venue me voir, tout à l’heure. Ne t’inquiète pas pour moi, c’est juste que j’ai eu une journée pas facile, mais ça arrive à tout le monde, ça va passer… »

Son état en tout cas, n’est pas prêt de « passer », mais elle n’aura pas le choix de s’adapter à sa nouvelle existence. En évitant de se retrouver à un restaurant sans pouvoir commander, par exemple…


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