Garde les pieds sur terre [Pv Franck]

Message Sam 30 Sep - 15:55
L'akui était bien loin de chez lui. Le Japon offrait cependant une bonne couverture pour s'amuser, la langue, il connaissait déjà beaucoup de dialectes, le japonais n'en était qu'une de plus.
La nuit était tombée, le ciel était noir, la Lune peinait à éclairer le ciel mais les lumières artificielles de la ville pouvaient bien rivaliser avec le Soleil. Tokyo était vivante à toutes heures. Sauf peut-être dans ce parc où la lumière des lampadaires arrivaient à peine, c'est là que Frode s'aventurait. On pouvait voir quelques mauvaises graines dans ce genre de parc la nuit mais cela ne faisait pas peur à un dieu qui les dominait largement.

Il était vêtu à la manière des humains, ce fondant dans la masse. Un léger sourire flottait sur ses lèvres. Il ne vit qu'un chat qui s'enfuit à son approche mais pas d'humains cette fois là pour l'emmerder dans sa tranquillité. C'est vrai qu'après avoir ouvert le parc en deux, les gamins s'étaient enfuis sans demander leurs restes. Il avait peu après refermer sa faille mais c'était fort possible qu'il étaient partis se confesser et reprendre une vie plus normale. Enfin, s'ils n'avaient pas appris la leçon, c'étaient leurs problèmes après tout.
Il s'arrêta en voyant une silhouette sous la lumière d'un lampadaire qui avait réussi à éclairer le parc. Des cheveux bruns en bataille, une petite taille. Il était bien plus jeune que ces délinquants. Il ne s'en préoccupa pas ni ne reconnu l'enfant. Après, il ne se souvenait pas de toutes les personnes qu'il rencontrait, et son faciès pouvait très bien être celui d'un habitant de ces îles nippones ou bien d'autres part.

Le lampadaire s'était éteint d'un coup. Non le lampadaire était tombé, l'asphalte craquelé autour de lui. La nuit avait repris ses droits au dessus de l'enfant. C'était la façon Frode de dire bonjour à un enfant. Son sourire s'élargit, il lui rappelait cette âme qu'il avait croisé. Cette âme qui lui en voulait pour on ne sait quelle raison.
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Message Lun 23 Oct - 8:57

« Monsieur Frode, pourquoi restez vous en « vie »? »

Ma phrase avait été calme, posée mais très sérieuse. Je n'avais pas peur, je ne tremblais même pas. C'était assez étrange d'ailleurs moi qui avais tant redouté cette rencontre. Mais à présent qu'il était là je ressentais en moi une paix glaciale.

Un mince sourire naquit sur mes lèvres enfantines sous la lueur pâle de la lune.

« Si vous aviez le choix de continuer ainsi préféreriez vous vivre ou mourir ? »

J'eus un petit rire sec, bref.

« Mais je ne pense pas que vous en soyez vraiment conscient vous êtes trop superficiel pour réfléchir autant. »

Je tournais le regard vers lui, un regard meurtrier qui sied mal à mes traits d'enfant.

« Je vous connais Monsieur Frode, c'est pour cela que je n'ai pas eu peur, une fois par an je reviens ici car ici vous l'avez tué, je ne vous en veux pas spécialement, c'était un salopard, je vous en suis même reconnaissant de l'avoir tué, j'aurais fini par craquer j'aurais fini par le tuer...un jour. »

Je refis silence, j'avais tant à lui dire depuis tant de décennies alors je n'allais pas abandonner en si bon chemin.

«  Autrefois j'ai eu peur en vous voyant le tuer, j'ai la faiblesse de l'aimer vous savez. »

Je souris à nouveau mais plus discrètement et sévèrement : «  Non vous ne savez pas, aimer est pour vous un concept bien abstrait n'est ce pas ? Vous êtes seul mais moi aussi je le suis alors je ne peux pas vous en vouloir là dessus. »

Je fis silence à nouveau froidement puis continuais en ces termes : «  Vous allez vous lasser de ce petit jeu un jour vous savez ! Il vous faudra plus grand, plus haut, détruire encore plus. Puis un jour il n'y aura plus rien. »

J'étais très calme, dans ma voix la sévérité avait disparu se transformant presque en une sorte de compassion : «  Mais ne vous méprenez pas pour le moment je veux juste que nous discutions, je ne suis pas en capacité de vous tuer. Je dois vous avouer que l'envie ne m'en manque pas. Je ressens envers vous autant de pitié que de ...haine...c'est ainsi que l'appelle les humains n'est ce pas ? »

Je ne dis plus un mot quelques secondes, l'image d'Eva me revint en mémoire, mes traits se firent plus doux moins sévères : «  Mais vous ne risquez rien et vous le savez autant que je le sais. Il n'y a que moi qui me met en danger en allant vous parler mais vous êtes bien lucide, sur ce sujet. »

Je souris à nouveau plus distant reposant mon attention sur « l'adulte » : «  Moi j'ai encore une raison qui m'empêche de devenir complètement un monstre, je le suis déjà vous savez, cela fait des dizaines d'années que j'ai 12 ans mais j'ai encore une raison de ne pas céder. » Eva emplissait mon crâne à cet instant comme la fumée du café de papa le matin, âcre et rassurante en même temps à mes narines d'ancien vivant.

Je braquais brusquement mon regard sur lui : « Mais un jour, oui un jour je trouverai le moyen de vous tuer, au moins mentalement, soyez en sûr ! »

Le regard haineux passa à un paisible sourire et je tapotais l'herbe près de moi :
«  Mais la lune est haute, elle éclaire assez pour parler tranquillement, alors pour l'instant discutons voulez vous ? On ne comprend vraiment les êtres qu'en discutant avec eux, les observer n'est pas suffisant. Alors...parlez moi de vous je vous prie. De suite, je n'ai aucune raison de vous juger sur quoi ce que ce soit. Je veux juste vous écouter. »
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Message Jeu 26 Oct - 14:22
Le Dieu écoutait l'enfant. La différence était ridicule, il pouvait écraser ce moucheron qui débitait ces mots quand il le voulait et pourtant, le Dieu de ne le fit pas. Les mots qui sortaient de la bouche de l'enfant n'étaient pas ceux d'un enfant.
Intérieurement, Frode rigolait. La vie, la mort c'était ça qui était abstrait pour un être promis à l’éternité depuis sa création. L'amour était bien abstrait pour un être qui avait été scellé puis jeter aux oubliettes. Alors oui, sur certains point, l'enfant avait raison. Mais choisir la vie et la mort n'était qu'un choix que pouvait faire seulement ceux qui sont promis seulement à quelques poussières d'années sur la vie d'un Dieu.

Pendant qu'il l'écoutait débiter ces mot sans importance, Frode se souvint. Ça devenait tout d'un coup parfaitement clair, même s'il se souvenait de qui il avait tuer précisément, la liste était déjà bien longue. Il continuait de s'approcher de l'enfant, lentement, sans se presser, silencieux, un silence pesant, briser par la tirade bien trop adulte d'un enfant.
Plus il s'approchait, plus la différence se faisait. Le Dieu si proche de l'enfant, Frode était déjà grand pour un humain lambda mais là, c'était un modèle réduit.

«  Mais la lune est haute, elle éclaire assez pour parler tranquillement, alors pour l'instant discutons voulez vous ? On ne comprend vraiment les êtres qu'en discutant avec eux, les observer n'est pas suffisant. Alors...parlez moi de vous je vous prie. De suite, je n'ai aucune raison de vous juger sur quoi ce que ce soit. Je veux juste vous écouter. »

Discuter ? Pourquoi pas? Il ne tient pas à s'installer, comme deux vieux amis qui regardant les étoiles. Frode ne savait pas vraiment ce qu'il pouvait dire, ouais alors replace moi, c'était qui ton vieux? Non, il se devait d'être à la hauteur de ses attentes. Le géant se cambre face à cette miniature, à son tour de prononcer des mots.

- Dis moi, tu n'as pas l'air de saisir grand chose. Dis moi, as-tu seulement réfléchit à tout ce que tu viens de dire.

Pourquoi cette envie de lui écraser la tête maintenant ?

- Oui, la vie n'es pas juste, les gens vivent, d'autre meurt. Le temps s’écoule vite quand on ne vit que 80 ans. Mais malheureusement tu es entrer dans une spirale ou le temps n'a plus court, qu'est ce que ça te fait ? Je connait les humains depuis bien plus longtemps que le jour de ta naissance, je comprend déjà bien assez pour savoir que personne ne se soucie d'un inconnu, alors oui j'ai tuer ton père, qui s'en soucie ? Personne ne t'écoutera car tu ne fais plus partie de ce monde, de leur monde.

Il entoura la parc de ses bras et se redressa.

- Et moi, tu voudrais que je t'écoute, que je te donne de l'importance ? Que je pleurs sur ton sort ? Me fais pas rire.
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Message Jeu 26 Oct - 16:46


« En effet, je ne savais pas qu'un dieu puisse avoir peur de parler de lui-même. » dis-je avec un rictus moqueur.

Je levais la tête, le souffle du vent balayait ma tignasse et sous la lune mes yeux noisettes se mêlaient au bleu sombre du ciel. De gros nuages emplissaient peu à peu le ciel nocturne. Je reportais mon attention sur Monsieur Frode calmement : «  Ce n'est pas sur moi que je veux que l'on disserte mais sur vous. Vous avez sûrement une origine, vous-même disiez en savoir énormément. »

Ma voix bien que toujours calme cachait une sorte de gravité quand je prononçais ces mots : « Cela vous fait si peur de parler à une âme de 12 ans ? Nous ne sommes pas amis. Nous ne le serons jamais puisqu'un jour je serai assez fort pour vous blesser voire, je l'espère, pire. »

Je me tus quelques minutes avant d'avancer ces propos : «  Après ma mort mon créateur a été 30 ans en prison mais après la prison il a eu une nouvelle famille, et même une fillette ! »

Je tournais mon regard vers le dieu sans crainte et avec un extrême calme : «  Avez vous tué la fillette ? Dîtes moi ce que cela fait de tuer un nouveau-né ? »

Je continuais en ces termes toujours avec un calme terrifiant mêlé de douleur cependant : «  Un jour je serai comme vous Monsieur Frode, je serai vraiment un monstre. Nous ne sommes pas encore semblables, je ne tuerai qu'une personne ou si cela m'est impossible la détruirai intérieurement un jour, une seule, vous, mais cela fera de moi aussi un monstre égal à vous et égal à mon père. J'ai pardonné à mon père car je sais que je serai tel que lui un jour. »

Silence...

« Donc tel que vous. »

Je tapotais à nouveau le sol près de moi. L'herbe se balançait sous le vent, il commençait à faire légèrement frais mais la température était supportable encore.

«  Je ne sais rien, je ne comprends rien Monsieur Frode ainsi je n'ai ni besoin de votre estime, ni besoin de m'épancher sur ma vie, elle n'est plus, je ne puis qu'attendre et mes actions se sont bien réduites bien qu'ayant encore l'espoir. Il reste les souvenirs et les émotions, je suis mort, cependant il me reste cela, ce que vous ne pouvez pas avoir du moins le supposais-je mais peut-être que je me fourvoie, connaissez vous la haine, la rancœur, le regret , l'affection ? Je ne le sais pas vraiment et j'aimerais le savoir, nous ne sommes plus de leur monde mais tout cela ILS le ressentent aussi non ?  Ainsi, j'aimerais vraiment connaître votre fonctionnement. »

Après quelques secondes je levais le nez et dis une phrase qui me faisait soudain reprendre l'âge de mon apparence durant sa diction : «  Alors Monsieur Frode cela vous fait tant la trouille de vous asseoir et de parler de vous à un microbe de 12 ans que vous pouvez anéantir quand vous le voulez ? »
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